Styles de jardin
Classés selon la part de la nature que la main humaine consent à régler. À un bout le jardin taillé en symétrie, à l'autre celui qu'on façonne pour qu'il paraisse naturel, et le paysage tenu dans un pot y trouve aussi sa place.
Entrée du dictionnaire
- Karesansui Muromachi period– / Style
Un jardin japonais qui n’emploie aucune eau et rend le paysage d’eau et le cosmos par le seul gravier ratissé et les seules pierres posées. Les quinze rochers du Ryōan-ji composent par soustraction, et le minimalisme du monde entier les cite encore comme l’archétype du vide dessiné.
- Kaiyū Strolling Garden Edo period– / Style
Le jardin de promenade des daimyos monte son paysage de telle sorte qu’une vue nouvelle s’ouvre à chaque pas le long du chemin. Ponts, collines artificielles et pavillons de thé se disposent autour d’un étang central jusqu’à ce que le déplacement lui-même soit l’objet du dessin, un espace doté d’un axe du temps.
- Roji (Tea Garden) 16th century– / Style
Ici, le jardin n’est rien d’autre que le chemin qui mène à la salle de thé. Pas japonais, bassin tsukubai et portillon intermédiaire règlent l’allure et l’état d’esprit du marcheur, bâtissant un ermitage de montagne en pleine ville et dessinant le temps qu’il faut pour arriver.
- Moss Garden 14th century– / Style
Un jardin que font pousser le temps et l’humidité, comme au Saihō-ji, où plus de cent espèces de mousses couvrent le sol. Ses surfaces ne se composent que de nuances de vert, démonstration de l’équilibre japonais entre entretenir un lieu et le laisser tranquille.
- Shakkei (Borrowed Scenery) 17th century– / Technique
Une technique qui fait entrer dans la composition la montagne ou la forêt situées au-delà du jardin, en les cadrant par des haies et des arbres jusqu’à ce qu’elles lui appartiennent. C’est l’idée la plus audacieuse du cadrage qui soit, composer avec un paysage que nul ne peut posséder.
- English Landscape Garden 1720s–1800s / Style
Une révolution anglaise du XVIIIe siècle qui jeta la géométrie par-dessus bord et construisit par l’artifice des scènes d’apparence naturelle. Pelouses vallonnées, lacs serpentins et temples dispersés dans la vue façonnaient le terrain lui-même en tableau, et il en est sorti le prototype du parc public.
- French Formal Garden 17th century– / Style
Le jardin de l’axe, de la symétrie et de la perspective, que Le Nôtre porta à sa perfection à Versailles. Le ciseau et les nappes d’eau y plient la nature à la géométrie, et le pouvoir s’y rend visible comme ordre de l’espace.
- Italian Renaissance Garden 15th–17th century / Style
Le jardin de la Renaissance italienne : pentes en terrasses, escaliers, canaux et fontaines. Les cent fontaines de la Villa d’Este sont l’art d’ingénieur de l’eau, avec la gravité pour matériau de projet.
- Persian Garden 6th century BC– / Style
L’origine du chahar bagh, divisé en quatre par des canaux d’eau croisés : un paradis clos d’eau et d’ombre dressé contre le désert. Il a donné au mot paradis son sens et au jardin son archétype, de l’islam aux Moghols.
- Mughal Garden 16th–18th century / Style
Le chahar bagh à l’échelle de l’empire : canaux d’eau en gradins et pavillons de marbre blanc atteignant, à Shalimar et au Taj, la pleine intégration du bâti et du jardin.
- Chinese Scholar Garden Song dynasty– / Style
Le jardin des lettrés cristallisé à Suzhou : la peinture de paysage construite en trois dimensions. Pics de pierre de Taihu, fenêtres ajourées en cadres de tableau et corridors sinueux replient un paysage infini dans de petites parcelles.
- Korean Garden Joseon dynasty– / Style
Le jardin de Joseon déplace le moins de terre possible, et le jardin arrière de Changdeokgung en est le modèle. Des pavillons se posent simplement dans des vallons et des étangs déjà là, dessin qui laisse le terrain intact et propose l’autre idéal du jardin est-asiatique.
- Cottage Garden 19th century– / Style
Le jardin anglais aux plantations mêlées et débordantes, stylisé à partir du potager vivrier. Les gammes colorées de Jekyll et le White Garden de Sissinghurst ont élevé le naturel prémédité au rang d’art.
- Topiary Roman era– / 17th century peak / Technique
Une sculpture végétale obtenue en taillant les persistants en géométries et en animaux. Comme des décennies de croissance font partie du dessin, aucune technique sculpturale n’est plus lente.
- Naturalistic Planting 1990s– / Style
Le design de plantation modelé sur les écologies de prairie vivace, mené par Piet Oudolf : une beauté étendue jusqu’aux têtes de graines mortes de l’hiver, une idée à l’année qui réécrit l’espace public urbain depuis la High Line.
- Bonsai Heian period– / Style
Sculpture vivante japonaise qui condense dans un pot le paysage d’un arbre séculaire. Un vocabulaire stylistique de la ligne du tronc, des plateaux de branches et de l’étalement des racines, joint à un soin transmis sur plusieurs générations, fait du temps lui-même l’œuvre.
- Ikebana 15th century– / Style
L’art japonais de la fleur : l’espace composé de ligne végétale et de vide. Du rikka d’Ikenobō aux styles libres, l’art de laisser vivre les fleurs demeure un manuel d’asymétrie et d’espace négatif.
- Parterre 17th century– / Mise en page
Un parterre plat où le buis taillé brode des arabesques dans le sol. Il était conçu pour être regardé d’en haut, depuis les étages, ce qui change le sol en ornement et le jardinage en design graphique.
- Burle Marx Landscape 1930s–1994 / Style
L’inventeur du paysage moderniste, massant les plantes tropicales brésiliennes en champs de couleur comme une peinture abstraite. Comme le montre le pavement en vagues de Copacabana, il dessinait le sol comme un seul graphisme.